L’Ortie (Urtica dioica)

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Impossible de parler des extraits végétaux pour le jardin sans parler de l’ortie ! Les jardiniers et les promeneurs l’ont tous maudite un jour en se piquant à ses feuilles urticantes… C’est pourtant une plante sauvage indispensable pour tout jardin au naturel. Et elle possède des propriétés médicinales très intéressantes !

Les différentes sortes d’Ortie

L’Ortie fait partie de la famille des Urticacées (Urticaceae). C’est une grande famille puisqu’elle compte plus de 52 genres et 1300 espèces connues, que l’on trouve majoritairement dans les zones tropicales. Le genre Urtica est plus présent sous les climats tempérés. En France, cinq espèces issues du genre Urtica ont été répertoriés jusqu’à aujourd’hui.

Quand on parle de l’ortie, on pense le plus souvent à la grande ortie ou ortie piquante (Urtica dioica) : c’est en effet celle que l’on rencontre le plus communément dans la campagne française. Dans le sud de la France on peut également trouver assez facilement en se promenant une ortie de plus petite taille appelée ortie brûlante (Urtica urens).

Attention à ne pas les confondre avec l’ortie blanche (Lamium album), qui n’est en fait pas une ortie bien qu’elle leur ressemble beaucoup. Celle-ci fait partie de la famille des Lamiacées et ne possède pas du tout les mêmes propriétés.

Ortie Urtica dioica MAÏA-KO (1)

Les propriétés de l’Ortie

L’ortie est une plante bio-indicatrice des sols frais et profonds, plutôt humides, riches en matière organique peu décomposée, avec une texture à tendance argileuse. Elle est capable de régulariser la teneur en fer du sol. C’est aussi un excellent dépolluant des sols… Attention donc à l’endroit où vous la cueillez si vous souhaitez l’utiliser par la suite !

En matière d’extraits végétaux, l’ortie est de très loin la plus connue au jardin sous la forme de purin d’ortie. Sa richesse en azote, en éléments nutritifs, en oligoéléments et en fer en fait un biostimulant naturel de choix. Elle agit ainsi au niveau du sol, en stimulant l’activité biologique des sols et en activant la transformation de la matière organique en humus stable. Cela a pour conséquence d’améliorer la qualité du sol, mais également la disponibilité des éléments nutritifs qui s’y trouvent.

L’ortie agit également au niveau du végétal en activant la photosynthèse, qu’on appelle aussi fonction chlorophyllienne. C’est donc un excellent stimulant du développement des plantes ! Elle fonctionne comme un fortifiant et améliore également la réponse immunitaire de la plante, et ainsi sa résistance à certains stress, maladies ou attaques d’insectes.

Ortie Urtica dioica MAÏA-KO (2)

L’Ortie au jardin potager

On peut donc utiliser l’ortie comme un engrais foliaire, en pulvérisation sur le feuillage, ou dans l’eau d’arrosage au pied des plantes. Les jeunes plantes et les légumes aux besoins plus importants l’apprécieront tout particulièrement : tomates, courgettes, chou, mais également au pied des arbres fruitiers au printemps.

L’extrait d’ortie a fait ses preuves dans la prévention et la lutte contre les insectes nuisibles comme le puceron, l’acarien (tétranyque) et le carpocapse où il agit comme un répulsif. Son utilité a également été étudiée contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium) et champignons pathogènes comme le Fusarium.

Dans votre jardin, pensez à lui réserver une petite place : l’ortie est une excellente plante compagne, car elle attire de nombreux insectes auxiliaires comme la coccinelle ou la cantharide qui vous débarrasseront des pucerons.

Enfin, l’ortie est un bon activateur de compost : vous pouvez en ajouter régulièrement dans votre compost pour accélérer sa maturation et l’enrichir naturellement.

Poils urticants ortie MAÏA-KO

Pourquoi l’Ortie pique-t-elle ?

Une belle preuve d’ingéniosité de la part de ce végétal pour repousser les attaques d’indésirables ! Le suc qui est contenu dans les poils urticants de l’ortie est un savant mélange d’histamine, d’acétylcholine, d’acide méthanoïque, de sérotonine et d’acide formique… Tout le nécessaire pour provoquer une sensation de brûlure immédiate !

Les poils urticants sont raides car ils sont partiellement calcifiés, tandis que l’extrémité du poil urticant a une paroi faite de silice. La zone qui se trouve entre la partie calcifiée et la partie silicifiée est fragile et se détache au moindre choc, permettant au poil urticant d’évacuer le suc qu’il contient dès qu’il aura pénétré le derme.

Petite astuce si vous êtes victime d’une piqûre d’ortie : ne surtout pas gratter et appliquer immédiatement sur la zone le suc d’une feuille de plantain que vous aurez préalablement broyée entre vos doigts. La sensation d’apaisement devrait être rapide.

Avez-vous remarqué la ressemblance entre les mots urticaire et Urticacées ? Ils ont la même racine latine « Urere » qui signifie à la fois « brûler » et « cautériser ». Un double sens qui en dit long sur les propriétés médicinales de l’ortie…

Tisane ortie MAÏA-KO

Autres utilisations de l’Ortie

L’ortie fait partie des plantes médicinales traditionnelles en phytothérapie. Elle est utilisée de bien des façons, par exemple en tant que diurétique, stimulant ou encore pour son aspect reminéralisant. Sa richesse en minéraux, notamment en fer, et oligoéléments est en effet très intéressante pour les personnes fatiguées ou anémiées.

Vous pouvez la cueillir vous-même (prenez des gants !) : choisissez des zones éloignées de toute source de pollution et cueillez de préférence la partie sommitale, avant que l’ortie soit fleurie. Il est possible de la faire sécher pour la boire en tisane, ou bien de la déguster dans une omelette par exemple. Pas d’inquiétude : une fois cuite, elle ne vous piquera plus !

L’ortie est aussi utilisée en élevage comme vermifuge et fortifiant : on l’ajoute une fois séchée dans la ration des volailles, des cochons ou des chevaux. Enfin, l’ortie fournit une fibre textile aux qualités intéressante qui était déjà utilisée au Moyen-Age, car elle est à la fois très solide et légère.

J’espère que cet article vous aidera à vous réconcilier avec l’ortie !

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Caroline Baly

Ingénieure en biologie, Caroline Baly est passionnée par le végétal. Après dix ans à travailler à la régénération des sols agricoles et à la valorisation des plantes médicinales, elle fonde AÏAKO en 2021 avec pour objectif de soigner les plantes tout en préservant la planète.

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